La première fois que Bertille Okonkwo a mordu dans un taco al pastor à Mexico, elle a failli le reposer. Trop simple, trop gras, pas assez de garnitures. Elle cherchait quelque chose qui ressemble à ce qu'elle connaissait.
L'erreur de départ : confondre abondance et qualité
Le taco de rue mexicain repose sur une logique inverse à celle des cuisines occidentales. Moins il y a d'ingrédients, plus chaque élément doit être parfait. La tortilla de maïs fraîche, la viande marinée pendant douze heures, quelques feuilles de coriandre. Rien de plus.
Bertille a passé trois jours à observer un vendeur de tacos près du marché Benito Juárez. Il ne proposait que deux options. Chaque jour, il vendait tout avant midi.
Ce que ça révèle sur nos attentes
On arrive souvent avec l'idée que la street food est une cuisine de substitution, une version dégradée de la vraie cuisine. C'est exactement l'inverse. Le taco de rue est une forme aboutie, pas un compromis.
La leçon concrète : quand un plat de rue ne vous convainc pas immédiatement, regardez d'abord si vous cherchez le bon critère. La richesse n'est pas toujours dans la liste d'ingrédients.